Palmarès des Oscars 2009

Le palmarès des Oscars 2009

Film: "Slumdog Millionaire" (Fox Searchlight)
Acteur: Sean Penn dans "Milk" (Focus Features)
Actrice: Kate Winslet dans "Le Liseur" (The Weinstein Company) (yes!!)
Réalisateur: Danny Boyle pour "Slumdog Millionaire" (Fox Searchlight)
Film étranger: "Departures" -- Japon
Second rôle masculin: Heath Ledger dans "The Dark Knight" (Warner Bros)
Second rôle féminin: Penelope Cruz dans "Vicky Cristina Barcelona" (The Weinstein Company)
Scénario original: Dustin Lance Black pour "Milk" (Focus Features)
Scénario adapté: Simon Beaufoy pour "Slumdog Millionaire" (Fox Searchlight)
Film d'animation: Andrew Stanton pour "WALL-E" (Walt Disney)
Court métrage d'animation: Kunio Kato pour "La Maison en Petits Cubes" (A Robot Communications Production)
Direction artistique: Donald Graham Burt et Victor J. Zolfo pour "L'étrange histoie de Benjamin Button" (Paramount and Warner Bros)
Costumes: Michael O'Connor pour "The Duchess" (Paramount Vantage, Pathe and BBC Films)
Maquillage: Greg Cannom pour "L'étrange histoire de Benjamin Button" (Paramount and Warner Bros)
Photographie: Anthony Dod Mantle pour "Slumdog Millionaire" (Fox Searchlight)
Court-métrage: Jochen Alexander Freydank pour "Spielzeugland (Toyland)", a Mephisto Film production
Documentaire: James Marsh et Simon Chinn pour "Man on Wire" (Magnolia Pictures)
Court-métrage documentaire: Megan Mylan pour "Smile Pinki", a Principle production
Effets spéciaux: Eric Barba, Steve Preeg, Burt Dalton and Craig Barron for "The Curious Case of Benjamin Button" (Paramount and Warner Bros)
Bande originale: A.R. Rahman pour "Slumdog Millionaire" (Fox Searchlight)
Chanson originale: "Jai Ho" pour "Slumdog Millionaire" (Fox Searchlight), music de A.R. Rahman, paroles de Gulzar
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# Posté le lundi 23 février 2009 07:36

Le plagiat par anticipation-Pierre BAYARD

Ceci est un article un peu particulier car Pierre BAYARD sera un de mes professeurs, durant cette année. Il vient de publier Le plagiat par anticipation, aux éditions de Minuit, c'est pourquoi j'ai décidé de vous en parler.
Voici le résumé (si tant est qu'on puisse le résumer):
On ne cesse d'évoquer l'influence des écrivains et des artistes sur leurs successeurs, sans jamais envisager que l'inverse soit possible et que Sophocle (496 ou 495 avant JC) ait plagié Freud (19e), Voltaire (18e), Conan Doyle(19e-20e), ou Fra Angelico Jackson Pollock (religieux du 15e siècle).
S'il est imaginable de s'inspirer de créateurs qui ne sont pas encore nés, il convient alors de réécrire entièrement l'histoire de la littérature et de l'art, afin de mettre en évidence les véritables filiations et de rendre à chacun son dû.
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# Posté le dimanche 15 février 2009 05:13

Modifié le lundi 23 février 2009 10:15

cahier d'un retour au pays natal

Dans son cahier d'un retour au pays natal, Aimé CESAIRE dénonce la colonisation et parle de la Marinique d'après la colonisation, sans vie.

Au bout du petit matin...


Va-t'en, lui disais-je, gueule de flic, gueule de vache, va-t'en je déteste les larbins de l'ordre et les hannetons de l'espérance. Va-t'en mauvais gris-gris, punaise de moinillon. Puis je me tournais vers des paradis pour lui et les siens perdus, plus calme que la face d'une femme qui ment, et là, bercé par les effluves d'une pensée jamais lasse je nourrissais le vent, je délaçais les montres et j'entendais monter de l'autre côté du désastre, un fleuve de tourterelles et de trèfles de la savane que je porte toujours dans mes profondeurs à hauteur inverse du vingtième étage des maisons les plus insolentes et par précaution contre la force putréfiante des ambiances crépusculaires, arpentée nuit et jour d'un sacré soleil vénérien

Au bout du petit matin bourgeonnant d'anses frêles les Antilles qui ont faim, les Antilles grêlées de petite vérole, les Antilles dynamitées d'alcool, échouées dans la boue de cette baie, dans la poussière de cette ville sinistrement échouées.

Au bout du petit matin, l'extrême, trompeuse désolée eschare sur la blessure des eaux ; les martyrs qui ne témoignent pas ; les fleurs de sang qui se fanent et s 'éparpillent dans le vent inutile comme des cris de perroquets babillards ; une vieille vie menteusement souriante , ses lèvres ouvertes d'angoisses désaffectées ; une vieille misère pourrissant sous le soleil, silencieusement ; un vieux silence crevant de pustules tièdes, l'affreuse inanité de notre raison d'être.

Au bout du petit matin, sur cette plus fragile épaisseur de terre que dépasse de façon humiliante son grandiose avenir – les volcans éclateront, l'eau nue emportera les taches mûres du soleil et il ne restera plus qu'un bouillonnement tiède picoré d'oiseaux marins – la plage des songes et l'insensé réveil.


Aimé Césaire, Cahier d'un retour au pays natal (1947)
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# Posté le lundi 02 février 2009 11:13

les fourberies de Scapin I,1

Voici l'acte I,scène 1 des Fourberies de Scapin de Molière:

ACTE I, Scène première

OCTAVE, SILVESTRE.

OCTAVE: Ah! Fâcheuses nouvelles pour un c½ur amoureux! Dures extrémités où je me vois réduit! Tu viens, Silvestre, d'apprendre au port que mon père revient?

SILVESTRE: Oui.

OCTAVE: Qu'il arrive ce matin même?

SILVESTRE: Ce matin même.

OCTAVE: Et qu'il revient dans la résolution de me marier?

SILVESTRE: Oui.

OCTAVE: Avec une fille du seigneur Géronte?

SILVESTRE: Du seigneur Géronte.

OCTAVE: Et que cette fille est mandée de Tarente ici pour cela?

SILVESTRE: Oui.

OCTAVE: Et tu tiens ces nouvelles de mon oncle?

SILVESTRE: De votre oncle.

OCTAVE: à qui mon père les a mandées par une lettre?

SILVESTRE: Par une lettre.

OCTAVE: Et cet oncle, dis-tu, sait toutes nos affaires.

SILVESTRE: Toutes nos affaires.

OCTAVE: Ah! Parle, si tu veux, et ne te fais point, de la sorte, arracher les mots de la bouche.

SILVESTRE: Qu'ai-je à parler davantage? Vous n'oubliez aucune circonstance, et vous dites les choses tout justement comme elles sont.

OCTAVE: Conseille-moi, du moins, et me dis ce que je dois faire dans ces cruelles conjonctures.

SILVESTRE: Ma foi! je m'y trouve autant embarrassé que vous, et j'aurais bon besoin que l'on me conseillât moi-même.

OCTAVE: Je suis assassiné par ce maudit retour.

SILVESTRE: Je ne le suis pas moins.

OCTAVE: Lorsque mon père apprendra les choses, je vais voir fondre sur moi un orage soudain d'impétueuses réprimandes.

SILVESTRE: Les réprimandes ne sont rien, et plût au Ciel que j'en fusse quitte à ce prix! Mais j'ai bien la mine, pour moi, de payer plus cher vos folies, et je vois se former de loin un nuage de coups de bâton qui crèvera sur mes épaules.

OCTAVE: Ô Ciel! par où sortir de l'embarras où je me trouve?

SILVESTRE: C'est à quoi vous deviez songer, avant que de vous y jeter.

OCTAVE: Ah! tu me fais mourir par tes leçons hors de saison.

SILVESTRE: Vous me faites bien plus mourir par vos actions étourdies.

OCTAVE: Que dois-je faire? Quelle résolution prendre? à quel remède recourir?

# Posté le jeudi 15 janvier 2009 14:45

Le petit Prince

Le petit Prince
Dans la série littérature enfantine, voici le petit Prince de Saint-Exupéry:

Première rencontre

IL y a six ans, j'avais une panne dans le désert du Sahara. Quelque chose s'était cassé dans mon moteur. et comme je n'avais avec moi ni mécanicien, ni passagers, je me préparai à essayer de réussir , tout seul, une réparation difficile. C'était pour moi une question de vie ou de mort. J'avais à peine de l'eau à boire pour huit jours

Le premier soir je me suis donc endormi sur le sable à mille milles de toutes les terres habitées. J'étais plus isolé qu'un naufragé sur un radeau au milieu de l'océan. Alors vous imaginez ma surprise, au lever du jour, quand une drôle de petite voix m'a réveillé. Elle disait:
- S'il te plaît... dessine-moi un mouton!

J'ai sauté sur mes pieds comme si j'avais été frappé par la foudre. J'ai bien frotté les yeux. J'ai bien regardé. Et j'ai vu un petit bonhomme tout à fait extraordinaire qui me considérait gravement.

Mais mon dessin, bien sûr, est beaucoup moins ravissant que le modèle. Ce n'est pas ma faute. J'avais été découragé dans ma carrière de peintre par les grandes personnes, à l'âge de six ans, et je n'avais rien appris à dessiner, sauf les boas fermés et les boas ouverts.


l'Aéripostale Saint Exupéry
Je regardai donc cette apparition avec des yeux tout ronds d'étonnement. N'oubliez pas que je me trouvais à mille milles de toutes les régions habitées. Or mon petit bonhomme ne me semblait ni égaré, ni mort de fatigue, ni mort de faim, ni mort de soif, ni mort de peur. Il n'avait en rien l'apparence d'un enfant perdu au milieu du désert, à mille milles de toute région habitée. Quand je réussis enfin à parler, je lui dis:
- Mais... qu'est-ce que tu fais là?
Et il me répéta alors, tout doucement, comme une chose très sérieuse:
- S'il te plaît... dessine-moi un mouton.
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# Posté le jeudi 15 janvier 2009 14:40